Ce que nous cachaient les banques Suisses

Ce mois de février 2015 a été la scène d’une incroyable découverte, concernant la filiale suisse de la banque HSBC et de certaines de ses activités peu reluisantes. La nouvelle a alors fait le buzz, dans la mesure où de nombreuses personnalités sont concernées. Zoom sur ce que les banques suisses voulaient nous cacher, que les médias ont appelé Swissleaks.

Swissleaks : l’affaire que les banques suisses voulaient cacher

Depuis des décennies, les banques suisses sont soupçonnées de cacher des magouilles financières de haut vol, sous le couvert du secret professionnel. Bien des gens ont alors tenté de mener des enquêtes, mais en vain : le secret suisse restait inviolable. Toutefois, il est important de souligner que ce ne sont pas toutes les banques suisses qui sont incriminées. Si le cas de certains peut laisser dans le doute, c’est sur une banque en particulier que le glas a sonné : la filiale suisse de la banque britannique HSBC.

Après Wikileaks et Luxleaks, voici donc maintenant Swissleaks. Les révélations sont alors choquantes : il se trouve que plus de 180 milliards d’euros seraient passés à Genève, transitant dans les comptes bancaires de 20000 sociétés offshore et de 100.000 clients particuliers. Tenez-vous bien, des personnalités importantes ont été concernées : des chefs d’état, des grands noms du show-biz, des sportifs de haut niveau, des trafiquants de drogue, des financiers du terrorisme, des requins de la finance, etc.

Une suite de l’affaire Hervé Falciani

En réalité, c’est une passionnante suite à l’affaire révélée par Hervé Falciani en 2008, que les banques suisses ont poursuivi pour vol de données. Et en février 2014, une clé USB est envoyée au journal Le Monde : des archives bancaires datant de 2006 et 2007 sont stockées dedans. Le journal lance alors une enquête, avec le soutien de 154 journalistes de près d’une cinquantaine de pays, sous la coordination du consortium de journalistes d’investigation. Le site Swissleaks.net est alors mis en place, et la traque aux informations commence.

188 pays concernés par l’affaire Swissleaks

Nombreux sont les pays à être concernés par cette affaire de fraude fiscale et de blanchiment d’argent. Par exemple, l’on recense à peu près 6.2 milliards d’euros cachés par les banques suisses dans les paradis fiscaux, pour leurs clients belges, dont 500 traders de diamant d’Anvers. En ce qui concerne la France, le montant caché par la banque suisse dans les différents paradis fiscaux s’élève à 5,7 milliards d’euros, principalement dans les îles vierges britanniques et au Panama.

En réalité, cette affaire de fraude fiscale a touché quelques 3000 clients français, mais l’étude n’a porté que sur les personnes dont le montant était le plus élevé. Pour vous situer un peu, un peu moins de 13500 comptes bancaires ont été ouverts au sein de la HSBC Suisse entre 1988 et 2007. En tout, cela fait 8545 comptes clients et quelques 556,9 millions de dollars dissimulés au cours de cette période, dont un pourcentage de 0.2% seulement soumis à la déclaration fiscale.

Mais dans d’autres pays comme le Maroc, l’affaire prend une envergure plus importante. Il faut savoir en effet que les Marocains ont l’interdiction d’avoir un compte en banque en dehors du territoire marocain, et pourtant la famille royale fit partie des clients privilégiés de la HSBC Suisse, entre autres le roi Mohamed VI, la princesse Lalla Meryem, le prince Moulay Rachid, etc.

Intermédiaire financier pour financement du terrorisme

L’affaire Swissleaks n’a pas fini de nous surprendre. Il se trouve que parmi les clients de la HSBC, il y avait certains saoudiens très connus sur la scène internationale. En effet, ils seraient soupçonnés d’être parmi les soutiens financiers du tristement célèbre Osama Ben Laden. L’on retrouve alors un prince saoudien ayant soutenu par le passé le leader du mouvement Al Qaïda, un autre qui n’est autre que le mari de celle qui a expédié de l’argent aux terroristes responsables de l’attentat du World Trade Center le 11 septembre 2001.

Au cœur de toutes ces révélations, les responsabilités de la banque HSBC restent floues. D’ailleurs, les analystes estiment que cette institution financière aurait dû se douter de ces faits dès lors que Le Monde a commencé à en parler. Tout au moins, HSBC Suisse aurait donc dû se méfier un peu plus et mener une certaine investigation sur les clients estimés douteux. Pour se justifier, la banque a affirmé que les règles appliquées au sein de leur établissement a connu des durcissements notables depuis ces temps-là.

L’exemple vient d’en haut

Encore tout récemment, une nouvelle encore plus ahurissante vient de tomber. Il semblerait en effet que le grand patron de HSBC lui-même soit domicilié en Chine pour des raisons fiscales. Par ailleurs, Stuart Gulliver détiendrait un compte en banque en Suisse, avec quelques 7 millions d’euros tenus bien au chaud en 2007… Lui qui avait rassuré d’apporter des mesures de réforme pour redresser HSBC, est alors également pointé du doigt pour figurer parmi les vilains petits canards du fisc. Cela ne fait aucun doute que sa crédibilité quant à changer la politique fiscale et financière de la filiale suisse HSBC a pris un sacré coup.

Toutefois, il faut savoir que Stuart Gulliver est retourné en Grande-Bretagne lors de son ascension à la tête de HSBC, et qu’il affirme payer dûment ses impôts britanniques. Quant à son compte en Suisse, il aurait été ouvert au nom d’une société panaméenne, tout simplement pour des raisons de discrétion et d’anonymat, sans aucun but d’ordre fiscal. Il n’est pas dit que les investigations des médias vont alors cesser sous peu.

Les banques Suisses continuent de faire écarquiller les yeux du monde entier. En effet, il semble que les apparences soient trompeuses et que des affaires peu recommandables se déroulent sous leurs yeux sans qu’ils ne lèvent le petit doigt. Résultat des comptes, simples particuliers comme personnalités très connues se trouvent mêlés à des histoires de financement de terrorisme, de blanchiment d’argent, de fraudes fiscales, etc. y compris quelques chefs d’Etats ou encore des personnes influents sur la scène politique internationale.